Des motivations économiques pour s'enrôlerAlors que les études postsecondaires coûtent de plus en plus cher, la perspective d’une formation entièrement payée par le gouvernement représente de plus en plus d’attrait pour les jeunes adultes qui veulent compléter leurs études. Profiter de l’état de précarité financière croissant des étudiants pour les aiguiller vers l’armée, c’est ce qu’on appelle la conscription par la pauvreté. Est-ce normal que l’option la plus aisée pour avoir accès à l’éducation soit de joindre l’armée? Dans le domaine civil, c’est la précarité, l’endettement ou même l’abandon des études pour des raisons financières qui sont de mise. Les réservistes se voient offrir un emploi à temps partiel, un emploi d’été garanti et le remboursement d’une partie de leurs frais de scolarité en échange d’une formation de combattant. Ceux qui s’engagent comme réservistes le font en croyant qu’ils n’auront pas à combattre s’ils ne se portent pas volontaires. Il y a à peine dix ans, aucun réserviste ne croyait être obligé de se retrouver en zone de combat. Or, ce n’est plus le cas aujourd’hui : près de 20 % des soldats déployés à Kandahar sont réservistes. Même un réserviste peut être déployé contre son gré en tout temps. Les étudiants en voie d’obtenir leur diplôme collégial technique ou universitaire ne sont pas non plus protégés de la sollicitation de l’armée. Il en est de même pour les diplômes de formation professionnel pour les métiers les plus recherchés. Les recruteurs leur vendent l’accès facile à un emploi bien payé leur permettant de rembourser rapidement leurs dettes et d’alléchantes primes lors d’un engagement à long terme. Les étudiants du niveau postsecondaire qui s’enrôlent dans l’armée régulière deviennent généralement des officiers ayant acquis une profession bien précise plutôt que des militaires du rang. Une importante proportion de professionnels, qu’ils soient médecins, ingénieurs, informaticiens ou d’un tout autre domaine, sont recrutés à la sortie du secondaire ou au cégep et sont ensuite formés à l’intérieur même des structures de l’armée. L’armée exige qu’ils s’engagent pour plusieurs années à la suite de l’obtention de leur diplôme, question de rentabiliser son investissement. La période d’engagement minimale varie selon les professions et atteint fréquemment une période de neuf ans. Quand on signe un contrat d’engagement à long terme, il est possible de constater en cours de route que la situation est bien différente de ce qu’on avait imaginé au départ. À cette affirmation, les recruteurs répondent qu’il est possible de se désengager au début de sa formation. Il y a pourtant des nuances. Les élèves-officiers disposent d’une courte période après leur enrôlement, pouvant atteindre quelques mois, pour quitter le Collège militaire et renoncer à leur engagement. Ceux qui le font seront contraints de rembourser l’entièreté de ce qu’ils ont coûté à l’armée : coûts de subsistance et de scolarité. Ainsi, quelqu’un qui étudie dans l’armée pour éviter de s’endetter et qui réalise au cours de la première année que son cheminement d’étude ne lui convient pas devra rembourser plus d’une dizaine de milliers de dollars. Finalement, il se retrouvera bien plus endetté que s’il avait étudié au civil. Les étudiants du niveau postsecondaire qui s’enrôlent dans l’armée régulière deviennent généralement des officiers ayant acquis une profession bien précise plutôt que des militaires du rang. Une importante proportion de professionnels, qu’ils soient médecins, ingénieurs, informaticiens ou d’un tout autre domaine, sont recrutés à la sortie du secondaire ou au cégep et sont ensuite formés à l’intérieur même des structures de l’armée. L’armée exige qu’ils s’engagent pour plusieurs années à la suite de l’obtention de leur diplôme, question de rentabiliser son investissement. La période d’engagement minimale varie selon les professions et atteint fréquemment une période de neuf ans. Quand on signe un contrat d’engagement à long terme, il est possible de constater en cours de route que la situation est bien différente de ce qu’on avait imaginé au départ. À cette affirmation, les recruteurs répondent qu’il est possible de se désengager au début de sa formation. Il y a pourtant des nuances. Les élèves-officiers disposent d’une courte période après leur enrôlement, pouvant atteindre quelques mois, pour quitter le Collège militaire et renoncer à leur engagement. Ceux qui le font seront contraints de rembourser l’entièreté de ce qu’ils ont coûté à l’armée : coûts de subsistance et de scolarité. Ainsi, quelqu’un qui étudie dans l’armée pour éviter de s’endetter et qui réalise au cours de la première année que son cheminement d’étude ne lui convient pas devra rembourser plus d’une dizaine de milliers de dollars. Finalement, il se retrouvera bien plus endetté que s’il avait étudié au civil. Contrairement à ce qu’on laisse entendre, détenir un diplôme ne nous libère pas de l’obligation d’être un jour déployé sur le champ de bataille et de mettre sa vie en péril. Tous les militaires, quel que soit leur rôle, doivent suivre le cours de recrues, qui inclut le maniement des armes. Une fois le diplôme obtenu, un grand nombre de diplômés seront appelés à travailler périodiquement à l’extérieur des bases sécurisées. Un diplôme postsecondaire est un atout permettant d’avoir accès à un niveau de vie confortable et à occuper un emploi stimulant et à contribuer à l’épanouissement de notre société. C’est cette même société qui a investi dans l’éducation et qui en espère des retombées collectives. Est-ce moral de faire le choix de s’impliquer dans des entreprises guerrières qui dilapident les ressources publiques en plus de semer le chaos dans d’autres sociétés? |
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