Les cadets sont-ils un moyen de recrutement ?La question du recrutement d’enfants par le mouvement des cadets a suscité une importante controverse en 2008. Nous avons reçu plus de 150 courriels en réaction à la publication du texte d'opinion Les enfants-soldats de l'armée canadienne dans le journal Le Devoir et du dossier Des camps de vacances armés dans La Presse. La quasi-totalité des lettres reçues s'insurgent contre le fait que nous considérions les Cadets Royaux de l'armée canadienne comme une forme peu subtile de recrutement. Afin d’alimenter un débat éclairé, nous publions site trois lettres de gens qui décrivent leur expérience exceptionnelle dans ce mouvement. Nous espérons que ceux qui liront notre section sur les cadets pourront se faire une opinion juste de la situation. Les cadets ne sont pas des enfants-soldats de Guillaume Bailly et la réponse qui lui a été envoyée Témoignage de Jean-Philipe Gagliardi sur son parcours dans les cadets et la réponse qui lui a été envoyée Lettre d'un ancien officier de relations publiques des cadets Vous pouvez également consulter le communiqué émit par le bureau des cadets en réaction à la polémique suscité par nos articles. . Plusieurs des membres des cadets qui nous ont écrit étaient offusqués que nous « salissions » une organisation jeunesse offrant des expériences exceptionnelles à des jeunes. Notre but n'est pas de salir l'organisation, mais simplement de rappeler la raison pour laquelle l'armée finance les cadets. L’institution militaire a cette fâcheuse tendance à tout transformer en jargon, afin de dissimuler une réalité pourtant évidente. Nous avons lu et répondu aux arguments des nombreux cadets, parents, instructeurs, ex-cadets et militaires. Un grand nombre des cadets qui nous ont écris ont d'ailleurs affirmé vouloir devenir militaire. Ces lettres nous amènent une foule d'arguments, qui, parfois, complètent nos informations. Toutefois, une grande quantité des arguments défendus dans ces courriels nous semble suivre une logique tordue. Le Bureau des cadets et de nombreux courriels reçus soulignent que le mouvement jeunesse volontaire des cadets n'est pas un mécanisme de recrutement de l'armée, mais bien un outil civil permettant aux jeunes « de se familiariser avec les Forces Canadiennes » et qu'il y a là une importante nuance. Dans notre esprit, cette nuance est bien difficile à cerner : - L'armée finance les cadets à coup de près de 200 millions par année. Pour peu dire, l'intérêt pour ce « mécanisme d'intéressement » est manifeste. - L'armée finance les diverses Ligues de cadets, ces fondations qui rendent prétendument le mouvement civil. Revenu Canada considère les Ligues de cadets comme étant des organismes de charité, et elles permettent de ramasser des fonds qui servent habituellement à des activités en lien avec les Forces Canadiennes (participation à des spectacles aériens, événements naval, parades militaires, compétitions de fanfares, etc). - L'armée fournit et finance toute une gamme d'infrastructure et d'équipements, tant pour l'entraînement régulier des cadets dans les locaux des écoles pendant l'année scolaire que pour les camps d'été qui se déroulent sur des bases militaires. - L'armée fournit les infrastructures administratives pour les "Bureaux des cadets", dont plusieurs membres gèrent le mouvement à partir des bases militaires. Un des commandants régionaux des cadets a même consulté le Quartier Général de la Défense Nationale pour savoir comment répondre à notre campagne. - Les activités de plusieurs Corps de cadets dépendent d'un soutien et d'un lien étroit avec leur unité de réserve régionale. - L'armée fournit les uniformes, calqués sur chacune des uniformes des trois forces: Cadets de l'air, de la Marine et de l'armée de terre. - La structure hiérarchique des cadets provient de celle de l'armée. - Les forces de réserve de l'armée inspirent le fonctionnement des Corps de cadet au cours de l'année scolaire: l'horaire et la formation sont similaires, à l'exception des notions de combat. - Comme pour les militaires, le cadet se familiarise avec les armes à feu, apprennent à en prendre soin, à la monter, à la démonter, il y a même des compétitions du genre. Certains cadets participent à des compétitions de tir et deviennent "tireurs d'élite", comme c'est le cas dans l'armée. Ultimement, le militaire doit intégrer l'idée que sa vie dépend de son arme. - Les entraîneurs des cadets, qui font parti du Cadres des instructeurs cadets, étaient considérés comme membres de la réserve jusqu'en 2006. Dorénavant, ils sont considérés comme faisant partie de « la cinquième branche des Forces Canadiennes ». Ils sont toujours rémunérés par les Forces Canadiennes. Tout comme les militaires, les cadets portent l'uniforme militaire, sont soumis à la hiérarchie militaire en étant conditionnés à obéir au doigt et à l'oeil, simulent les missions armées que mènent les véritables soldats, se familiarisent avec une panoplie d'équipements de combat et apprennent même le maniement des armes. Plusieurs cadets soulignent l'importance de cette discipline imposée. Pour plusieurs, il est très difficile de voir en quoi cet organisme jeunesse peut être indépendant de l'armée. Pour ce qui est de la différence, qui selon les membres du mouvement est ÉNORME entre un mécanisme « d'intéressement » et un « mécanisme de recrutement », nous vous laissons le soin de porter vos propres conclusions. |
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